L’Union européenne entend poursuivre sa coopération avec le Maroc en matière de migration et de sécurité. Dans une lettre adressée aux dirigeants européens mardi 13 octobre 2026, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a également réaffirmé le soutien de Bruxelles à l’Espagne pour le retour des migrants toujours présents à Ceuta en situation irrégulière. Cette position intervient après les arrivées massives enregistrées dans l’enclave espagnole en juillet dernier.
La crise migratoire de Ceuta n’a pas conduit l’Union européenne à renoncer à son partenariat avec le Maroc. Au contraire, Bruxelles affirme vouloir maintenir les échanges avec Rabat tout en soutenant Madrid dans la gestion des retours de migrants. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réitéré, ce 13 octobre cette orientation dans une lettre adressée aux dirigeants des États membres avant leur sommet européen. Le document prévoit la poursuite d’une coopération portant notamment sur la gestion des frontières, la prévention des départs irréguliers et la lutte contre les réseaux de passeurs. Il évoque également le renforcement du partage de renseignements et de la coordination autour des procédures de retour et de réadmission.
Ceuta, au cœur des préoccupations européennes
Les 30 et 31 juillet 2026, des milliers de migrants sont arrivés à Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte nord-africaine. Cet épisode a remis la question du contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne au centre des discussions. Dans sa lettre, Ursula von der Leyen souligne la nécessité de soutenir l’Espagne pour permettre le retour rapide au Maroc des personnes qui ne disposent pas du droit de rester dans l’enclave. Cette démarche repose notamment sur l’engagement attribué aux autorités marocaines de réadmettre les personnes concernées.
La Commission européenne considère que les arrivées soudaines et massives peuvent exercer une forte pression sur les frontières européennes et entraîner de graves conséquences humaines. Elle insiste ainsi sur la nécessité d’une gestion migratoire coordonnée, capable de prévenir de nouveaux épisodes de cette ampleur. Le projet de conclusions du sommet européen prévoit également l’expression d’une solidarité avec l’Espagne. Ceuta et Melilla occupent une place particulière dans ce dossier, puisqu’elles constituent les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec le continent africain.
Un partenariat appelé à se poursuivre
Malgré les tensions provoquées par la crise, Bruxelles affirme vouloir poursuivre ses relations avec Rabat. La coopération migratoire s’inscrit dans un partenariat plus large, qui comprend aussi des enjeux de sécurité et de relations stratégiques. La Commission européenne met en avant les efforts engagés ces dernières années dans la gestion des migrations. Selon les chiffres cités par Ursula von der Leyen, les arrivées irrégulières dans l’Union européenne ont diminué de 56 % entre 2022 et 2026, tandis que le taux de retour est passé de 17 % à 32 % sur la même période. Ces données ne font toutefois pas disparaître les difficultés soulevées par la situation à Ceuta. L’Union européenne doit maintenir sa coopération avec le Maroc tout en répondant aux préoccupations espagnoles concernant le contrôle de la frontière et le retour des migrants.
Pour Bruxelles, l’enjeu consiste désormais à tirer les enseignements de cette crise sans interrompre les mécanismes de coopération existants. La question migratoire devrait ainsi rester un sujet important des échanges entre les institutions européennes, l’Espagne et le Maroc.
