Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, fait l’objet d’une enquête du parquet national financier (PNF) pour détournement de fonds publics, recel et concussion. Ouverte le 19 août, elle vise à vérifier les conditions dans lesquelles l’élu aurait pu exercer ses fonctions à la mairie tout en étant employé par la RATP.
L’enquête fait suite à plusieurs articles de presse, notamment du Canard enchaîné, ainsi qu’à deux plaintes déposées par l’association AC!! Anti-corruption. Le premier signalement s’appuie sur des informations faisant état d’un cumul, pendant plusieurs années, entre un mandat local et un poste de cadre à la RATP.
Selon le Canard enchaîné, Bally Bagayoko aurait été recruté par la RATP en 2000 et aurait ensuite cumulé cet emploi avec ses fonctions d’adjoint au maire, auxquelles s’est ajoutée pendant une période une vice-présidence du conseil départemental.
Une seconde plainte, déposée à la mi-août, s’appuie notamment sur des articles de Mediapart et de Marianne. Elle évoque plus largement l’existence présumée d’un système d’emplois fictifs concernant des élus parisiens et franciliens employés par la RATP, indépendamment de leur appartenance politique. Le parquet national financier précise que « cette enquête vise à vérifier les conditions d’emploi de Bally Bagayoko ». À ce stade, l’enquête ne préjuge donc pas de la réalité des faits dénoncés ni de leur qualification pénale définitive.
Bally Bagayoko se dit serein quant à l’issue de la procédure et conteste les accusations portées contre lui. Du côté de La France insoumise, les soutiens se multiplient. Plusieurs responsables du mouvement dénoncent une « cabale politique » contre l’élu. Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, lui a notamment apporté son « soutien total », tandis que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé ce qu’il présente comme des attaques visant son mouvement.
L’affaire intervient à l’approche de l’élection présidentielle française, un contexte que certains élus insoumis mettent également en avant pour critiquer l’ouverture de cette enquête.
