Près de 200 migrants ont été secourus entre vendredi 21 et dimanche 23 août au large de la Crète, dans trois opérations coordonnées par Frontex et le Centre conjoint de coordination de sauvetage. Ils doivent être transférés dans des centres d’accueil sur les îles de Lesbos et Samos, en mer Égée. En parallèle, de graves incidents ont éclaté dans un centre d’hébergement au nord du pays.
Lors d’une première opération vendredi, un drone de Frontex a repéré une embarcation transportant 43 personnes à environ 20 milles nautiques au sud de l’île de Gavdos. Un navire européen les a secourus et acheminés vers le port de Paleochora, en Crète. Peu après, deux autres embarcations transportant environ 88 personnes ont été interceptées dans la même zone. Samedi, un pétrolier de passage a secouru une trentaine de migrants supplémentaires dans les mêmes eaux.
Le ministère grec des Migrations a précisé que les transferts vers Lesbos et Samos se feraient « de manière strictement proportionnée », sans « charge supplémentaire pour les îles concernées ». Ces assurances n’ont pas suffi à apaiser les élus locaux : une réunion à huis clos s’est tenue dimanche à Mytilène, chef-lieu de Lesbos, sous l’égide du maire de l’île.
Dans la nuit de samedi à dimanche, de « graves incidents d’une intensité inédite » ont par ailleurs éclaté dans le centre d’accueil fermé de Sintiki, à Serres, dans le nord du pays. Un groupe de migrants a attaqué des policiers à coups de pierres, découpé la clôture et tenté de fuir. Quarante et une personnes se sont échappées, dont 17 ont depuis été reprises. Cinq migrants et plusieurs policiers ont été blessés. Des renforts antiémeutes ont dû être dépêchés depuis Thessalonique. « Une aile entière du bâtiment a été détruite », selon la télévision publique grecque ERT.
Depuis plus d’un an, la Crète et l’îlot de Gavdos, face aux côtes libyennes, sont devenus la principale porte d’entrée des demandeurs d’asile en Grèce, un pays qui a enregistré une baisse de plus de 35% du nombre de demandeurs d’asile sur les sept premiers mois de 2026, selon le ministre des Migrations Thanos Plevris.
