Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a présenté mardi ses excuses après le piratage massif des données fiscales de quelque 700 000 particuliers et entreprises par le groupe de hackeurs ZeroBytes. Le parquet de Paris a ouvert une enquête samedi pour extraction frauduleuse de données et association de malfaiteurs. Une nouvelle fuite, concernant des données liées aux successions, a par ailleurs été identifiée lundi avant d’être coupée.
Le piratage, survenu fin juin, n’aurait pas nécessité d’exploit technique particulier. Selon le spécialiste en cybersécurité Yannick Pech, les hackeurs ont simplement obtenu les identifiants d’un fonctionnaire pour usurper son identité et accéder de manière apparemment légitime aux systèmes. « Ce fonctionnaire aurait dû avoir un facteur d’identification fort et il ne l’a pas eu. Cette faille est assez généralisée dans la fonction publique et ça pose problème », a-t-il expliqué.
Les deux pirates français identifiés derrière cette attaque n’auraient qu’une seule motivation : l’argent. Lundi, ils se sont vantés d’avoir vendu les données volées pour plusieurs milliers d’euros. Ils affirment également avoir dérobé les données personnelles de plusieurs millions d’élèves et de dizaines de milliers d’enseignants français.
Sur le dark web, les organisations françaises sont désormais citées comme la « cible facile ». L’URSSAF en janvier, l’Éducation nationale en avril, l’Agence nationale des titres sécurisés peu après : la France a été particulièrement éprouvée cette année. Elle est le premier pays européen et le deuxième mondial en matière de fuites de données.
David Amiel a reconnu « les faiblesses des systèmes informatiques français » tout en rappelant qu’un plan d’action était en cours depuis avril, articulé autour de la lutte contre la compromission des comptes agents et d’une meilleure formation des fonctionnaires aux risques numériques.
L’ampleur de l’affaire lui confère une dimension très politique, à quelques semaines de la rentrée et de la reprise des discussions budgétaires. Les sénateurs socialistes ont demandé ce week-end l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur les failles informatiques de l’administration fiscale.
