Juan Jesus Vivas, président conservateur de Ceuta, a haussé le ton lundi 17 août contre le gouvernement espagnol. Quinze jours après l’afflux de près de 70 000 migrants en provenance du Maroc, il menace de saisir la Cour générale, le Tribunal suprême espagnol, voire des instances européennes si la situation ne se résout pas dans les 30 jours, dénonçant « la passivité du gouvernement de Pedro Sanchez ».
Ceuta, enclave de 85 000 habitants dirigée par Vivas depuis 25 ans, est toujours en état de crise depuis les événements de fin juillet. Plus de 5 000 migrants, majoritairement originaires d’Afrique subsaharienne, ainsi qu’environ 1 500 mineurs non accompagnés, sont toujours disséminés dans la ville. Le président de l’enclave refuse de transformer le port en camp d’accueil ou d’affecter des bâtiments publics du centre-ville pour les héberger. « La normalité n’est pas revenue », a-t-il affirmé.
La rupture de ton est notable. Membre du Parti populaire, Juan Jesus Vivas avait jusqu’ici entretenu des relations cordiales avec les gouvernements successifs, y compris celui de Pedro Sanchez, note le quotidien espagnol El Pais. Mais la crise migratoire sans précédent a visiblement épuisé sa patience.
Le président de Ceuta a également exprimé une crainte plus profonde : que Madrid n’ait l’intention d’abandonner l’enclave au Maroc, la souveraineté de Ceuta figurant parmi les revendications historiques de Rabat.
