La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé ce mercredi 22 juillet qu’elle présentera sa démission au président de la République. Cette décision intervient au lendemain de l’adoption définitive de la loi d’urgence agricole, qui prévoit notamment la réintroduction, sous conditions, de certains pesticides interdits en France.
Le texte adopté par le Parlement autorise l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à accorder, à titre dérogatoire, l’utilisation de l’acétamipride et du flupyradifurone pour certaines filières agricoles en difficulté, notamment celles de la betterave et de la noisette. Dans un message publié sur LinkedIn, Monique Barbut affirme que le gouvernement a empêché le débat sur la suppression de cette disposition, malgré les engagements qui lui avaient été donnés. Elle estime que cette décision constitue « le recul environnemental de trop ». La ministre rappelle que la France avait interdit l’acétamipride en 2016 au nom du principe de précaution. Selon elle, les connaissances scientifiques disponibles continuent de susciter des interrogations sur les effets de cette substance pour la santé humaine et l’environnement, justifiant le maintien de cette approche.
Le retour de ces pesticides avait déjà suscité une vive controverse l’an dernier avec la loi Duplomb, dont une disposition similaire avait été censurée par le Conseil constitutionnel. Malgré les demandes de plusieurs députés de la majorité, le gouvernement a refusé de retirer cette mesure du projet de loi. Ancienne présidente de WWF France et ex-secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, Monique Barbut avait déjà menacé de quitter le gouvernement à plusieurs reprises, notamment sur des désaccords liés à la politique environnementale et aux moyens budgétaires alloués à son ministère.
