La France fait face à une sécheresse d’une intensité et d’une précocité inédites, ont alerté les autorités. Entre les épisodes répétés de fortes chaleurs et le déficit de précipitations observé depuis le mois d’avril, la situation est jugée particulièrement préoccupante sur l’ensemble du territoire métropolitain.
Selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, 99 départements sont concernés, en totalité ou en partie, par des restrictions d’usage de l’eau, dont 43 placés au niveau de crise. Au total, 206 arrêtés préfectoraux sont actuellement en vigueur, un niveau jamais atteint depuis le début du suivi national en 2013. Les sols affichent des niveaux d’humidité proches des records les plus bas, tandis que les cours d’eau connaissent une baisse rapide de leur débit. Près d’un tiers des stations de mesure enregistrent des niveaux inférieurs aux minima observés au cours des vingt dernières années et un quart des petits cours d’eau sont désormais totalement à sec.
Cette situation a déjà des répercussions sur plusieurs secteurs. L’agriculture est particulièrement touchée, notamment les cultures de maïs, pour lesquelles des pertes pouvant atteindre 100 % sont redoutées dans certaines zones non irriguées de Nouvelle-Aquitaine. Le secteur de l’énergie est également affecté, avec plusieurs réacteurs nucléaires mis à l’arrêt. Si les nappes phréatiques restent globalement mieux préservées grâce aux importantes pluies hivernales, leur niveau diminue rapidement. Les autorités craignent une aggravation de la situation en l’absence de précipitations significatives dans les prochaines semaines.
La priorité reste l’approvisionnement en eau potable. Environ 100 000 habitants sont déjà alimentés par des dispositifs de ravitaillement, tandis que le gouvernement appelle à la sobriété et à un usage responsable de la ressource. Cette sécheresse intervient alors que le Parlement examine la loi d’urgence agricole, qui prévoit notamment de faciliter les projets de stockage de l’eau destinés à l’agriculture. Ce volet du texte continue de susciter de vifs débats entre le gouvernement, les organisations agricoles, les élus locaux et les défenseurs de l’environnement.
