La Commission européenne a annoncé une amende de 550 millions d’euros contre la plateforme chinoise AliExpress, la plus lourde jamais prononcée dans le cadre du règlement européen sur les services numériques (DSA). Bruxelles reproche à l’entreprise d’avoir insuffisamment lutté contre la vente de produits illégaux, notamment des articles contrefaits et des jouets jugés dangereux.
Selon l’exécutif européen, les dispositifs mis en place par AliExpress pour détecter et retirer ces produits se sont révélés insuffisants. La Commission pointe également un manque de moyens humains pour contrôler les annonces, des sanctions internes peu dissuasives et des mécanismes de surveillance facilement contournables. AliExpress conteste cette décision, qu’elle juge « disproportionnée », affirmant avoir pris les mesures nécessaires pour respecter les exigences du règlement européen sur les services numériques.
Bruxelles défend toutefois une sanction adaptée à la gravité des faits. La Commission estime que les manquements concernent des obligations essentielles liées à l’évaluation et à la réduction des risques pour les consommateurs, justifiant ainsi le montant de cette amende record. De son côté, l’eurodéputée Stéphanie Yon-Courtin considère que cette sanction ne suffit pas à protéger les consommateurs. Elle appelle à la suspension des plateformes qui ne respectent pas les règles européennes.
Cette décision marque une nouvelle étape dans le durcissement des contrôles de l’Union européenne à l’égard des grandes plateformes de commerce en ligne. Après l’amende infligée à Temu quelques mois plus tôt, Bruxelles poursuit ses enquêtes, notamment à l’encontre de Google dans le cadre de l’application du DSA.
