Les autorités de La Réunion renforcent leur mobilisation face à la progression du trafic et de la consommation de stupéfiants. Dans le cadre du plan « Zéro drogue », lancé en juin, une soixantaine de mesures ont été mises en place pour lutter contre le phénomène, de la prévention à la répression.
Si la circulation de cocaïne est en hausse sur l’île, les inquiétudes se concentrent également sur le « dou », une drogue de synthèse particulièrement addictive qui touche de nombreux quartiers, notamment dans le sud de La Réunion.
Connue sous le nom de N-Ethylpentedrone (NEP), cette substance est généralement fumée ou inhalée à l’aide d’une pipe à eau. Ses effets sont de courte durée, favorisant une forte dépendance et une consommation répétée. À Saint-Pierre, plusieurs habitants décrivent les conséquences de cette drogue sur le quotidien. Certains consommateurs reconnaissent la difficulté de sortir de l’addiction, tandis que des travailleurs sociaux alertent sur ses effets dévastateurs pour les familles et les quartiers les plus fragiles. Le coût élevé du produit, estimé à environ 100 euros le gramme, pousse également certains usagers à se livrer à des activités illégales pour financer leur consommation, accentuant les difficultés sociales déjà présentes.
Face à cette situation, les autorités misent sur une stratégie globale combinant prévention, accompagnement des personnes dépendantes et renforcement de la lutte contre les réseaux de trafic. Selon les chiffres communiqués, les saisies de cathinones de synthèse, principale substance utilisée dans la fabrication du « dou », ont plus que doublé en un an sur l’île.
