L’Union européenne étudie un durcissement de sa politique commerciale à l’égard des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Réunis ce vendredi à Bruxelles, les ambassadeurs des 27 États membres examinent plusieurs options proposées par la Commission européenne pour restreindre l’entrée de ces produits sur le marché européen.
Parmi les pistes envisagées figure une interdiction partielle ou totale des importations, sur le modèle des mesures déjà adoptées par l’Espagne et l’Irlande. Une autre proposition, soutenue par la France et la Suède, prévoit la mise en place d’un système de licences d’exportation. Toutefois, la Commission estime que ce dispositif pourrait être facilement contourné, certains produits des colonies étant déjà commercialisés comme des produits israéliens.
Une troisième option consisterait à appliquer des droits de douane très élevés. Là encore, Bruxelles doute de son efficacité, estimant que les aides accordées par Israël aux colons pourraient en limiter l’impact. L’Union européenne considère les colonies israéliennes en Cisjordanie comme illégales au regard du droit international, des résolutions des Nations unies et de l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice en 2024. En théorie, les produits issus de ces colonies ne bénéficient déjà pas des avantages de l’accord d’association entre l’UE et Israël, mais leur origine reste souvent difficile à identifier.
La Commission estime que toute mesure relevant de la politique étrangère nécessiterait l’unanimité des États membres, un consensus qui n’a jusqu’à présent jamais été trouvé. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, plaide plutôt pour une approche commerciale, qui pourrait être adoptée à la majorité qualifiée.
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Plus de 500 000 colons israéliens y vivent aujourd’hui aux côtés d’environ trois millions de Palestiniens.
