Le Parlement européen a adopté mercredi 17 juin le « règlement retour », une réforme visant à accélérer l’expulsion des migrants déboutés du droit d’asile dans l’Union européenne. Le texte autorise notamment les États membres à créer des centres de rétention dans des pays tiers, les fameux « hubs de retour ».
Le vote a été marqué par de vives tensions dans l’hémicycle. Des élus d’extrême droite ont scandé « Renvoyez-les ! », tandis que des eurodéputés de gauche leur répondaient « Honte à vous ! ». La gauche dénonce une illustration de la convergence entre la droite et l’extrême droite au Parlement européen.
Concrètement, le texte prévoit plusieurs mesures destinées à durcir et accélérer les procédures d’expulsion. La durée de rétention sera allongée, l’interdiction d’entrée sur le sol européen prolongée à dix ans, et les décisions d’expulsion prises par chaque État membre acquerront désormais une valeur juridique à l’échelle européenne.
La mesure la plus controversée reste la création des « hubs de retour ». Ces centres de rétention, installés en dehors des frontières de l’UE, auront vocation à accueillir les migrants en situation irrégulière expulsés d’Europe. Ils pourront être ouverts dans n’importe quel pays avec lequel un État membre aura conclu un accord bilatéral. La Grèce espère disposer d’une telle structure dès 2027. L’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et le Danemark étudient également cette possibilité. En revanche, l’Espagne et la France se sont montrées réticentes au dispositif.
Ce règlement intervient dans un contexte où seulement 20 % des décisions d’expulsion aboutissent effectivement à un retour dans l’UE, une statistique régulièrement critiquée par les partisans d’une politique migratoire plus ferme.
Du côté des opposants, la députée européenne Fabienne Keller du groupe Renew a estimé que ce règlement « n’est pas une solution aux défis de l’immigration et de sa maîtrise ». Amnesty International a pour sa part dénoncé une « extension des mesures punitives et restrictives » risquant de plonger davantage de personnes dans des situations précaires.
