La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé vendredi 29 mai le déblocage de plus de 16 milliards d’euros de fonds gelés sous l’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orban. La mesure est conditionnée à l’adoption de réformes par le nouveau gouvernement de Péter Magyar.
L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse à Bruxelles, en présence du Premier ministre hongrois. Ursula von der Leyen a salué « la détermination » de Péter Magyar et loué les premières réformes engagées par son gouvernement, jugées bénéfiques à la fois pour la Hongrie et pour l’Union européenne.
Ces fonds avaient été bloqués dans le cadre de plusieurs procédures engagées contre les politiques de Viktor Orban, portant notamment sur les droits des personnes LGBT+, le traitement des demandeurs d’asile et des situations de conflits d’intérêts. Leur récupération constituait l’une des priorités absolues de Péter Magyar depuis son élection à la mi-avril. « C’est une journée historique pour la Hongrie », a déclaré le nouveau Premier ministre depuis Bruxelles, se félicitant de l’accord conclu avec la Commission.
Le déblocage des fonds sera progressif. Budapest devra présenter une feuille de route détaillée dans les prochains jours, adopter une série de réformes avant le 31 août, puis attendre leur validation par la Commission avant la fin de l’année. D’autres tranches seront débloquées en 2027.
La Commission a précisé que cet accord vise à garantir que la Hongrie s’attaque aux problèmes liés à la corruption et à l’État de droit. Dans ce cadre, le Parlement hongrois a déjà voté mercredi contre le retrait du pays de la Cour pénale internationale, un projet porté par l’ancien régime. Budapest envisage également d’adhérer prochainement au Parquet européen.
Ce scénario rappelle celui de la Pologne, où l’UE avait également débloqué des milliards d’euros dès les premiers engagements du gouvernement pro-européen de Donald Tusk en 2024.
Isaac HOUSSOU
