Le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, effectue ce lundi 29 juin sa première visite officielle en France, après un week-end marqué par des tensions et des échanges de tirs malgré le cessez-le-feu et la reprise des négociations entre l’Iran et les États-Unis. Médiateur historique entre Téhéran et Washington, le sultanat est appelé à jouer un rôle clé dans l’avenir du détroit d’Ormuz, de nouveau ouvert à la navigation mais dont les conditions de passage restent à définir.
Au cœur des discussions entre l’Iran et les États-Unis figure le dossier du nucléaire iranien, mais aussi la question stratégique du détroit d’Ormuz, passage essentiel pour le pétrole mondial devenu un levier de pression majeur pour Téhéran. Si la rive nord du détroit est iranienne, la rive sud appartient à Oman. L’Iran souhaiterait imposer un droit de passage aux navires empruntant le détroit, une position que rejette Mascate : une source diplomatique omanaise précise qu’Oman accepte des redevances pour des services comme l’assistance de remorqueurs ou l’escorte de pétroliers, mais pas de péage de transit.
Face à la stratégie iranienne, qui mise sur la menace pour peser dans les négociations, le sultanat d’Oman privilégie une diplomatie plus discrète. La sécurisation de cette voie maritime figure logiquement parmi les sujets abordés lors de la visite à Paris, la France se positionnant en faveur d’une future mission internationale de sécurisation du détroit, aux côtés du Royaume-Uni. Pour Mascate, qui ne dispose pas des capacités militaires de certains de ses voisins du Golfe, l’appui de partenaires européens constitue un moyen essentiel de garantir la sécurité de ce passage stratégique.
