L’administration du Premier ministre français est sous le feu des projecteurs après les révélations de France Inter sur plusieurs suicides et tentatives de suicide au sein des services de Matignon. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après le dépôt d’une plainte pour harcèlement moral et le signalement de faits similaires par un représentant du personnel le 25 juin dernier.
Une fonctionnaire forte de 30 ans de carrière dans le service public a tenté de mettre fin à ses jours après avoir été, selon son avocate Maître Christelle Mazza, « mise au placard » et reléguée au sous-sol de l’administration, écartée des réunions et contrainte à des tâches sans rapport avec ses fonctions. « On s’est retrouvé dans une situation qu’on retrouve dans du harcèlement scolaire très crasse. Ça s’est reproduit à de multiples reprises », a décrit l’avocate au micro de RFI. La fonctionnaire, sauvée in extremis, a depuis déposé plainte pour harcèlement moral contre quatre personnes et contre X.
Depuis octobre 2025, deux autres agents des services administratifs de Matignon ont mis fin à leurs jours. Un tableau que Maître Mazza qualifie de « particulièrement irresponsable », dénonçant des conditions de travail « ultra dégradées » et comparant les séquelles psychologiques subies par les victimes à « un syndrome post-traumatique comme on le vit en temps de guerre ».
Contactée par RFI, la direction de l’administration de Matignon a indiqué que des enquêtes internes sont en cours et qu’un audit sur les « facteurs de risques psychosociaux » est prévu prochainement. Ces événements s’inscrivent dans un contexte plus large de multiplication des suicides dans les services de l’État, touchant notamment la police et les finances publiques.
