L’Union européenne a adopté jeudi 31 juillet des sanctions contre sept personnes et trois entités accusées de superviser des centres d’arnaques en ligne en Asie du Sud-Est. Dans le viseur de Bruxelles : le conglomérat cambodgien Prince Holding Group, son fondateur Chen Zhi et l’Armée bouddhiste démocratique karen (DKBA), un groupe rebelle birman.
Ces « scam centers », véritables usines à cyberfraude implantées au Cambodge et en Birmanie, exploitent des milliers de travailleurs réduits à l’esclavage et soutirent chaque année des milliards de dollars à des victimes à travers le monde. Selon l’Union européenne, ces travailleurs « sont des victimes de la traite des êtres humains ou ont été attirées par des propositions trompeuses, sont retenues contre leur gré et contraintes de conduire des escroqueries en ligne ». Leurs victimes, principalement des ressortissants chinois et américains, sont piégées par de faux investissements ou de fausses relations sentimentales.
Les sanctions européennes prévoient le gel des avoirs du Prince Holding Group et l’interdiction d’entrée sur le territoire de l’UE pour Chen Zhi. Ce dernier, soupçonné d’être à la tête d’un empire de cyberfraude dissimulé derrière des immeubles, des hôtels et des casinos, avait été extradé par le Cambodge vers la Chine en janvier 2026. Bruxelles note toutefois que les centres d’escroquerie qui lui sont liés restent encore en activité malgré son arrestation.
L’UE cible également la DKBA, accusée de laisser prospérer des centres d’arnaques dans les territoires qu’elle contrôle en Birmanie et d’avoir commis des violences contre des travailleurs forcés. Ces sanctions européennes font suite à des mesures similaires prises par Washington, illustrant une mobilisation internationale croissante contre ce phénomène de cybercriminalité organisée.
