
Le gouvernement de Giorgia Meloni fête ce vendredi 4 septembre un record inédit de longévité en Italie, avec 1 413 jours au pouvoir, dépassant le deuxième gouvernement de Silvio Berlusconi. Une performance de stabilité pour la cheffe de la coalition des droites, qui reste populaire malgré les difficultés économiques du pays.
Première femme à diriger l’Italie, Giorgia Meloni aura dirigé le même gouvernement pendant 1 413 jours, soit un jour de plus que le record établi par Silvio Berlusconi au cours de ses quatre mandats. « C’est certainement une source de fierté », a déclaré à l’AFP Marco Osnato, député du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (FDI). Il souligne également la place centrale prise par l’Italie en matière de politique étrangère, notamment en Europe, que ce soit sur l’immigration ou l’énergie, Rome étant désormais perçue comme un acteur majeur à Bruxelles.
Une stabilité inédite dans un pays habitué à l’instabilité
Selon des analystes, ce record devrait renforcer l’image de la Première ministre à l’approche du scrutin national de 2027, dans un pays ayant connu près de 70 gouvernements en 80 ans. Jamais l’Italie n’avait connu une telle stabilité politique, elle qui était encore raillée il y a quelques années pour ses gouvernements éphémères.
Massimiliano Panarari, professeur de sociologie de la communication à l’université de Modène, explique que Giorgia Meloni a su, notamment via Forza Italia, attirer une partie de l’électorat modéré. Selon lui, les conditions d’une alternative politique ne sont pas encore réunies, et malgré une coalition divisée sur bien des points, la cheffe du gouvernement a réussi à jouer un rôle d’équilibre.
Des critiques qui n’entament pas la popularité de Meloni
Ni l’échec de sa réforme de la justice, ni ses tours de vis sécuritaires n’ont pour l’instant détourné les Italiens du populisme. Le gouvernement a prévu de célébrer ce succès politique par un rassemblement à Bari, dans les Pouilles, au sud-est du pays.
Cette célébration suscite la colère de l’opposition, alors que l’inflation continue de peser sur les foyers italiens. Elly Schlein, cheffe du Parti démocrate, a dénoncé un décalage entre les priorités du gouvernement et celles des citoyens, ironisant sur l’auto-célébration de la Première ministre face aux préoccupations quotidiennes des Italiens.