La désignation de François-Noël Buffet comme futur Défenseur des droits suscite une vive contestation en France. Proposé par le président Emmanuel Macron pour succéder à Claire Hédon, dont le mandat s’achève le 20 juillet, le sénateur Les Républicains est critiqué par de nombreuses associations qui jugent son profil incompatible avec les missions de l’institution.
Dans un communiqué, une soixantaine d’associations et de syndicats dénoncent une nomination contraire aux valeurs du Défenseur des droits. Elles mettent en avant les positions défendues par François-Noël Buffet au cours de sa carrière politique, notamment son opposition au mariage pour tous, à l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution, à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes ainsi qu’à l’aide médicale d’État destinée aux personnes en situation irrégulière.
Des organisations comme Amnesty International, Sherpa ou le collectif estiment que ces prises de position remettent en cause son aptitude à exercer une fonction chargée de veiller au respect des droits et des libertés. Le Défenseur des droits est une autorité administrative indépendante chargée de défendre les droits des citoyens, de lutter contre les discriminations et de contrôler notamment l’action des forces de l’ordre à travers les réclamations qui lui sont adressées.
Les associations mobilisées ont lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 115 000 signatures. Elles espèrent convaincre les commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui doivent encore se prononcer sur cette nomination. Pour qu’elle soit rejetée, les votes négatifs des deux commissions devront toutefois représenter au moins les trois cinquièmes des suffrages exprimés, un scénario qui apparaît peu probable au regard de leur composition.
