Le plan climat de la Banque mondiale, qui arrivait à expiration ce mardi 30 juin 2026, a été reconduit pour une durée indéfinie. Mais si le programme est prolongé, les objectifs chiffrés de financement climatique ont été abandonnés, suscitant l’inquiétude de plusieurs organisations.
Ce plan de cinq ans avait permis d’allouer jusqu’à 48 % des financements de l’institution à des projets bénéfiques pour le climat, dépassant même l’objectif fixé à 45 %. Cela représente 51 milliards de dollars l’an dernier, dont plus d’un tiers dirigés vers le continent africain. Malgré ces résultats, le plan était menacé, notamment sous la pression des États-Unis, premier actionnaire de la Banque mondiale, qui militaient pour une refonte du programme.
Lors de la conférence de Hambourg sur le développement durable, le directeur général de la Banque mondiale, Paschal Donohoe, a expliqué que l’institution souhaitait désormais se concentrer sur le suivi et le compte rendu des résultats obtenus, plutôt que sur le simple recensement des dépenses engagées.
Cette évolution inquiète plusieurs observateurs. Pour Selma Huart, chargée de plaidoyer chez Oxfam, l’abandon d’objectifs chiffrés est extrêmement préoccupant : sans cible précise, la Banque mondiale risque de financer des projets aggravant la crise climatique en Afrique, de ne plus protéger les populations les plus vulnérables et de réduire son soutien à l’adaptation climatique sur un continent parmi les plus touchés par le dérèglement climatique. Ces dernières années, le plan avait permis de financer des projets d’électrification, de transport durable et d’accès à l’eau à Madagascar, en Tanzanie et au Niger.
