La Russie a annoncé mercredi 29 juillet avoir lancé une procédure de recherche internationale contre Pavel Durov, le fondateur de Telegram. Le milliardaire est accusé de « complicité de terrorisme » dans une affaire liée au recrutement de jeunes Russes pour des opérations de sabotage attribuées aux services ukrainiens.
L’annonce a été faite par le FSB, les services de sécurité russes, qui affirment avoir émis un « avis de recherche international » contre Pavel Durov. La nature exacte de cette procédure reste toutefois inconnue et il n’est pas précisé si d’autres pays sont susceptibles de lui donner suite. La situation est particulièrement sensible en France, où Pavel Durov se trouve actuellement sous contrôle judiciaire. Le fondateur de Telegram est déjà mis en examen depuis 2024 par la justice française, qui lui reproche notamment une modération insuffisante de sa plateforme et une coopération jugée insuffisante avec les enquêteurs face aux usages criminels de la messagerie.
Telegram accusé de servir au recrutement
Selon le FSB, Pavel Durov est visé dans le cadre d’une enquête portant sur le recrutement de jeunes Russes par les services spéciaux ukrainiens pour mener des activités de sabotage. Les autorités russes reprochent notamment à Telegram de ne pas avoir supprimé un robot de rencontres qui aurait été utilisé pour recruter ces jeunes. Des avocats cités par des médias russes estiment que cette affaire pourrait également ouvrir la voie à une classification de Telegram comme plateforme « extrémiste ».
Très populaire en Russie, Telegram est utilisé par des millions de particuliers, mais aussi par les institutions publiques. Le Kremlin, plusieurs ministères et les forces de l’ordre russes figurent notamment parmi ses utilisateurs. Né en Russie et détenteur des nationalités française et émiratie, Pavel Durov, âgé de 41 ans, fait donc désormais face à des poursuites en Russie, alors qu’il est déjà sous le coup d’une procédure judiciaire en France.
