Le constructeur allemand Mercedes-Benz traverse une zone de turbulences. Lors du deuxième trimestre 2026, le bénéfice opérationnel (EBIT) ajusté de sa division automobile a chuté de 26 % [RFI]. Cette baisse s’explique principalement par le marché chinois, devenu particulièrement compétitif pour les marques européennes [RFI].
Si le bénéfice opérationnel global du groupe progresse de 22 % sur la période (pour atteindre 1,55 milliard d’euros), cette performance découle essentiellement de la cession d’une filiale de leasing et des excellents résultats de la division véhicules utilitaires. En revanche, l’activité des voitures particulières traverse une période difficile. En Chine, premier marché mondial de l’automobile, les ventes de Mercedes-Benz ont chuté de 30 % [RFI]. Face à la montée en puissance des constructeurs chinois spécialisés dans le haut de gamme électrique, la division automobile du groupe a vu son résultat net publié s’effondrer de près de 94 %, plombé par de lourdes dépréciations d’actifs dans le pays.
Pour Nicolas Raffin, porte-parole de l’ONG Transport & Environnement, cette évolution marque un changement structurel profond. Selon lui, les constructeurs européens ne peuvent plus compter sur leur seule image de marque pour séduire les consommateurs chinois. Ces derniers privilégient désormais des véhicules électriques produits localement et jugés plus innovants. L’expert estime également que cette situation pourrait préfigurer les difficultés auxquelles les constructeurs européens seront confrontés sur leur propre marché s’ils n’accélèrent pas leur transition vers l’électrique.
Face à ces résultats, le directeur général de Mercedes-Benz, Ola Källenius, a confirmé l’intensification du programme de réduction des coûts. Des discussions sont en cours avec les syndicats afin d’augmenter le temps de travail dans les usines allemandes sans revalorisation salariale, dans le but d’améliorer la compétitivité du groupe face à la concurrence asiatique.
