Le ministère roumain des Affaires étrangères a convoqué lundi 27 juillet l’ambassadeur de Russie à Bucarest, Vladimir Lipaev, et ordonné l’expulsion d’un membre de l’ambassade russe en réponse à une série de violations de l’espace aérien roumain par des drones entre vendredi et dimanche. Le diplomate déclaré « indésirable » dispose de cinq jours pour quitter le pays.
Lors de la convocation, des fragments d’un drone abattu ont été présentés à l’ambassadeur russe. Selon le parquet général roumain, le premier appareil, intercepté vendredi, était un drone de type Shahed, un modèle utilisé par l’armée russe dans sa guerre contre l’Ukraine. Deux autres drones ont été abattus samedi et dimanche, et un quatrième a brièvement survolé le territoire roumain lundi avant de se déporter vers l’Ukraine. Jamais la Roumanie n’avait enregistré autant d’incursions de drones en si peu de jours depuis le début du conflit ukrainien. En mai dernier, un drone s’était déjà écrasé sur un immeuble d’habitation, blessant deux personnes.
Moscou a fermement rejeté les accusations roumaines, dénonçant une « nouvelle mise en scène propagandiste » et affirmant qu’« aucune preuve de l’origine russe des drones n’a été présentée ». Le ministère russe des Affaires étrangères a également critiqué le soutien de Bucarest à l’Ukraine, qualifié d’« inadmissible et intolérable », et prévenu que « l’expulsion sans fondement d’un diplomate russe ne restera pas sans réponse ».
L’OTAN et l’Union européenne ont de leur côté mis en garde la Russie contre de nouvelles incursions dans l’espace aérien d’un pays membre. En 2025, le Parlement roumain avait adopté une loi autorisant le pays à abattre tout drone violant son espace aérien.
