Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a fermement démenti mercredi 24 juin toute « corruption généralisée » autour de son gouvernement et du parti socialiste (PSOE), devant les députés réunis au Parlement à Madrid. Il s’exprimait dans un discours solennel, à sa propre demande, pour répondre à la multiplication des enquêtes et procès visant son entourage.
Devant l’hémicycle, le dirigeant socialiste de 54 ans a dénoncé une volonté, selon lui, de « tout mélanger » pour créer un sentiment de corruption généralisée qu’il juge inexistant, affirmant n’avoir « jamais été au courant » ni toléré de telles pratiques. Il a défendu le bilan de son gouvernement en matière de lutte contre la corruption depuis son arrivée au pouvoir en 2018, année où une motion de censure avait renversé l’exécutif conservateur de Mariano Rajoy. Cette motion avait été portée notamment par José Luis Ábalos, devenu par la suite ministre des Transports de Pedro Sanchez avant d’être condamné lundi à 24 ans de prison pour corruption.
Le chef du gouvernement a reconnu que l’exécutif et le PSOE, qu’il dirige depuis 2017, n’étaient « pas parfaits » ni « infaillibles », tout en se disant « très serein » malgré les railleries de l’opposition durant son intervention. Les affaires judiciaires touchant ses proches se sont en effet multipliées ces dernières semaines, fragilisant la coalition au pouvoir. Son épouse, Begoña Gomez, s’est vue interdire de quitter le territoire espagnol dans le cadre d’une enquête pour trafic d’influence, le juge en charge du dossier craignant une fuite à l’étranger avant son procès. Elle devait remettre son passeport à la justice ce mercredi et se présenter aux autorités deux fois par mois des mesures que Pedro Sanchez a qualifiées d’excessives.
Le frère du Premier ministre attend également son jugement dans une affaire de trafic d’influence, tandis que son ancien mentor politique, José Luis Rodríguez Zapatero, est inculpé pour des faits similaires liés au sauvetage public d’une compagnie aérienne durant la pandémie de Covid-19 — un prêt que Pedro Sanchez a défendu comme « légitime » et conforme à la loi. L’avenir de la législature, censée durer jusqu’en 2027, s’est par ailleurs compliqué depuis fin mai après des révélations sur une possible cellule interne au PSOE chargée d’interférer dans ces dossiers, dont le chef du gouvernement dit n’avoir « jamais » eu connaissance. Il a réaffirmé sa volonté de rester à la tête de l’exécutif pour l’année restante du mandat.
