Meta fait face à une sanction financière exceptionnelle aux États-Unis. Un juge du Nouveau-Mexique a ordonné au groupe de verser 25 milliards de dollars à cet État, mercredi 21 octobre 2026. La décision fait suite à un procès portant sur la protection des données et les pratiques de Facebook.
Cette affaire ravive les souvenirs du scandale Cambridge Analytica. Elle relance aussi le débat sur la responsabilité des grandes plateformes numériques. La décision judiciaire intervient après les conclusions d’un jury. Celui-ci avait estimé, en septembre, que Meta avait enfreint à de nombreuses reprises la législation du Nouveau-Mexique sur la protection des consommateurs. Les jurés ont notamment retenu 26 déclarations jugées fausses ou trompeuses parmi les 29 examinées. L’affaire concerne la manière dont Facebook informait ses utilisateurs sur la confidentialité de leurs données et la sécurité de la plateforme.
Le nombre de violations retenues dépassait 43 millions. Sur cette base, le montant théorique des sanctions pouvait atteindre environ 219 milliards de dollars. Le juge Francis Mathew a finalement ramené la sanction à 25 milliards de dollars. Meta conteste cette décision. Le groupe prévoit de faire appel, estimant notamment que la sanction est excessive. Pour comprendre cette affaire, il faut revenir au scandale Cambridge Analytica, révélé publiquement en 2018. Cette société britannique de conseil politique avait obtenu des données provenant de Facebook par l’intermédiaire d’une application tierce. Les informations recueillies pouvaient concerner jusqu’à 87 millions d’utilisateurs.
Le problème ne concernait pas uniquement le nombre de profils touchés. Ces données pouvaient servir à établir des profils psychologiques et à cibler des messages politiques. Cambridge Analytica a notamment travaillé pour des acteurs politiques liés à la campagne présidentielle américaine de Donald Trump en 2016. Le scandale a soulevé une question majeure : les utilisateurs savaient-ils réellement comment leurs informations personnelles étaient collectées et exploitées ? Facebook a été vivement critiqué pour la gestion des données et les garanties offertes à ses utilisateurs.
Une procédure distincte autour du même problème
La sanction actuelle concerne une action engagée par le Nouveau-Mexique en 2021. L’État accusait Meta d’avoir trompé les consommateurs sur l’accès à leurs données et sur les pratiques de sa plateforme. Il ne faut toutefois pas confondre cette procédure avec les autres sanctions prononcées après le scandale de 2018. En 2019, Facebook avait accepté une sanction de cinq milliards de dollars imposée par la Federal Trade Commission, l’autorité fédérale américaine chargée notamment de la protection des consommateurs. Le nouveau jugement repose sur une procédure judiciaire menée au niveau de l’État du Nouveau-Mexique. Cette distinction est importante : le montant de 25 milliards ne correspond pas à une nouvelle décision directement rendue contre Cambridge Analytica. Il vise Meta dans un dossier relatif à ses pratiques.
Cette affaire pourrait renforcer la pression sur les entreprises technologiques. Elle rappelle que les plateformes doivent informer clairement leurs utilisateurs sur l’exploitation de leurs données. Les entreprises pourraient également être amenées à renforcer leurs dispositifs de contrôle et leurs garanties de confidentialité. Pour les internautes, le scandale Cambridge Analytica reste un avertissement. Les informations partagées en ligne peuvent être utilisées à des fins très différentes de celles initialement annoncées. L’issue de l’appel de Meta sera donc déterminante. Elle permettra de préciser la portée définitive de cette sanction exceptionnelle.
