Condamnée en appel à un an de prison ferme aménagé sous bracelet électronique dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national, Marine Le Pen a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Une décision rendue possible par son pourvoi en cassation, qui suspend l’exécution de sa peine et lui permet de mener campagne tout en restant présumée innocente jusqu’à une décision définitive de la justice.
Quelques minutes après son annonce sur TF1, la dirigeante du RN a lancé une vaste offensive de communication avec l’ouverture d’un site destiné à recueillir des dons et le dévoilement de son slogan de campagne, « La Renaissance ». Son entourage entend construire l’image d’une candidate capable de surmonter les épreuves, en faisant de cette nouvelle bataille judiciaire un argument politique.
Cette stratégie repose toutefois sur un calendrier judiciaire incertain. Si la Cour de cassation rejette son recours dans les prochains mois, Marine Le Pen pourrait être contrainte de porter un bracelet électronique en pleine campagne présidentielle. Un scénario qui pourrait fragiliser sa candidature à un moment décisif de la course à l’Élysée.
Sur le plan politique, cette annonce a immédiatement suscité de nombreuses réactions. Plusieurs responsables du camp présidentiel ont dénoncé la candidature d’une personnalité condamnée par la justice, tandis que la gauche accuse la cheffe de file du Rassemblement national de manquer de cohérence après avoir longtemps défendu des sanctions exemplaires contre les élus condamnés pour détournement de fonds publics.
À droite également, certains estiment que cette décision risque d’alimenter les tensions institutionnelles. Malgré ces critiques, Marine Le Pen assume pleinement son choix et affirme vouloir poursuivre son combat politique jusqu’au scrutin de 2027.
Cette candidature écarte également, au moins pour l’instant, l’hypothèse d’un remplacement par Jordan Bardella. Longtemps présenté comme un possible plan de secours, le président du Rassemblement national voit son ascension présidentielle momentanément freinée, même si Marine Le Pen continue de lui réserver une place centrale en promettant de le nommer Premier ministre en cas de victoire.
Entre bataille judiciaire et campagne électorale, la triple finaliste de la présidentielle ouvre ainsi une nouvelle séquence politique dont l’issue dépendra autant des électeurs que des prochaines décisions de la justice française.
