La canicule exceptionnelle qui a frappé la France fin juin aurait déjà causé au moins 2 000 décès supplémentaires, selon un premier bilan communiqué ce vendredi 3 juillet par les autorités sanitaires. Un chiffre provisoire, jugé encore largement sous-estimé.
D’après Santé publique France, la semaine du 22 juin a enregistré une hausse de mortalité de 29,1 %, soit 2 025 décès de plus par rapport à la semaine précédente. La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, a toutefois précisé que ce bilan restait incomplet et devrait s’alourdir dans les prochaines semaines.
Cette vague de chaleur, marquée par une durée d’environ deux semaines et des températures records, est déjà considérée comme l’un des épisodes climatiques les plus intenses jamais observés en France. Même si les autorités estiment qu’elle reste moins meurtrière que la canicule de 2003, qui avait causé environ 15 000 morts, son impact sanitaire est déjà majeur. Les régions les plus touchées sont l’Île-de-France et les Pays de la Loire, où la mortalité a bondi de près de 62 %. Les personnes âgées de plus de 65 ans représentent la majorité des victimes, bien qu’une hausse notable des décès ait également été observée chez les 45-64 ans.
Les décès à domicile apparaissent comme l’un des signaux les plus préoccupants de cette crise sanitaire. Ils ont augmenté de 91 % en une semaine, contre 37 % dans les Ehpad. Ce constat relance le débat sur la protection des personnes vulnérables vivant seules pendant les épisodes de chaleur extrême. À l’échelle européenne, la canicule de juin a aussi marqué les esprits. Selon une analyse de l’AFP, plus de 410 millions de personnes en Europe ont été exposées à des températures supérieures à 35°C entre le 15 et le 30 juin, faisant de cet épisode l’un des plus sévères jamais enregistrés sur le continent.
