Le gouvernement vietnamien engage une nouvelle étape décisive dans sa stratégie de modernisation administrative et de développement technologique. À travers un programme ambitieux, les autorités entendent accélérer la transformation numérique de l’État, renforcer les infrastructures technologiques et stimuler l’innovation scientifique afin de soutenir la croissance de l’économie numérique.
Une administration publique résolument tournée vers le numérique
Au cœur de cette réforme figure la modernisation des infrastructures et des plateformes numériques de l’administration publique. Les autorités ambitionnent d’étendre la couverture du réseau 5G à 70 % de la population, afin de garantir un accès rapide et fiable aux services numériques.
Dans le même temps, l’ensemble des fonctionnaires et agents municipaux seront dotés des équipements nécessaires à l’exercice de leurs fonctions, ainsi que d’une signature électronique personnelle destinée à simplifier et sécuriser les procédures administratives.
La digitalisation des documents constitue également un axe majeur de cette transformation. Le gouvernement prévoit que 100 % des documents administratifs des agences de l’État soient traités électroniquement. Les documents classés secrets feront l’objet d’un traitement spécifique sur des systèmes sécurisés, conformément à la législation relative à la protection des secrets d’État.
Par ailleurs, la proportion de dossiers administratifs traités intégralement sous format numérique devrait atteindre 80 % au niveau ministériel et 70 % aux niveaux provincial et communal.
Des services publics en ligne généralisés
La réforme prévoit également une expansion massive des services publics numériques. Au moins 80 % des procédures administratives éligibles devront être entièrement accessibles en ligne, depuis la soumission des demandes jusqu’à la délivrance des résultats.
Cette exigence s’appliquera à l’ensemble des niveaux de gouvernance, qu’il s’agisse des ministères, des organismes publics ou des administrations provinciales et municipales.
Dans le même esprit de simplification administrative, au moins 80 % des informations et pièces justificatives nécessaires aux démarches liées aux activités économiques devront être fournies une seule fois à l’administration. Les procédures administratives pourront en outre être réalisées sans restriction territoriale à l’intérieur d’une même province, renforçant ainsi la fluidité des services publics.
Renforcer les compétences numériques de la fonction publique
Conscient que la transformation numérique repose avant tout sur les compétences humaines, le gouvernement prévoit un vaste programme de formation. L’ensemble des fonctionnaires et agents publics bénéficieront d’une formation aux compétences numériques, afin d’améliorer l’efficacité de l’administration et l’usage des nouvelles technologies.Par ailleurs, 50 % des agents spécialisés dans les technologies de l’information et la transformation numérique recevront une formation avancée en gestion des données, un domaine stratégique pour la gouvernance moderne.
Une économie numérique plus dynamique
La digitalisation de l’administration vise également à soutenir le développement de l’économie numérique. Dans ce cadre, 100 % des procédures administratives liées aux entreprises et éligibles au format numérique seront proposées en ligne, facilitant la création d’entreprises, les démarches commerciales et l’investissement.
Cette modernisation devrait également renforcer la confiance des usagers. Les autorités fixent un objectif ambitieux : atteindre un taux de satisfaction d’au moins 95 % des citoyens et des entreprises utilisant les services publics numériques.
Afin de favoriser l’inclusion numérique, une signature électronique gratuite sera mise à disposition de tous les citoyens via l’application VNeID , permettant d’effectuer des démarches administratives à distance en toute sécurité.
Miser sur l’innovation et les technologies stratégiques
Au-delà de la réforme administrative, le gouvernement souhaite positionner le pays comme un acteur majeur de l’innovation technologique. L’objectif consiste à commercialiser avec succès au moins cinq produits issus de technologies stratégiques, notamment dans les domaines des puces semi-conductrices, des équipements 5G, des robots industriels, de l’intelligence artificielle ou encore des drones.
Pour soutenir cet effort, l’État prévoit de consacrer au moins 15 % du budget national de la recherche scientifique au développement de ces technologies de pointe.
Des infrastructures de recherche et des zones d’expérimentation
Le programme prévoit également la création d’au moins neuf infrastructures partagées, telles que des laboratoires, des centres de recherche et développement ou encore des installations d’essais et de certification destinées à accompagner l’innovation.
Par ailleurs, trois espaces d’expérimentation technologique, souvent qualifiés de « bacs à sable réglementaires », verront le jour à Hanoï, Da Nang et Hô Chi Minh-Ville. Chaque ville devra disposer d’au moins un site permettant de tester et d’évaluer de nouveaux produits, solutions technologiques et résultats de recherche.
Ces espaces offriront des conditions d’expérimentation réelles .L’accès à des données adaptées et des mécanismes permettant de transférer rapidement les innovations vers la production la gestion publique et la commercialisation.
Mobiliser les entreprises pour financer l’innovation
Dans cette dynamique, le gouvernement encourage les entreprises scientifiques et technologiques ainsi que les acteurs de la transformation numérique à contribuer à un Fonds de développement scientifique et technologique, à hauteur maximale de 20 % de leur revenu imposable annuel .
Samuel Richard KAKPO
