Les tensions autour du système pénitentiaire iranien s’intensifient alors que des familles et plusieurs organisations de défense des droits humains alertent sur une augmentation des exécutions et des condamnations à mort. Les témoignages recueillis évoquent une justice de plus en plus opaque, marquée par des procédures jugées irrégulières et un accès limité aux dossiers judiciaires.Selon ces sources, certains détenus seraient transférés sans explication dans des quartiers réservés aux condamnés à mort, tandis que les familles restent souvent dans l’ignorance totale du sort réservé à leurs proches.
Procédures opaques et inquiétudes autour des prisonniers politiques
Dans plusieurs établissements pénitentiaires, des proches de détenus affirment que les autorités imposent des avocats d’office et restreignent l’accès à une défense indépendante. Cette situation nourrit les inquiétudes autour de l’équité des procès, notamment pour les personnes accusées d’espionnage ou de collaboration avec des puissances étrangères.
Dans un climat régional tendu, ces accusations seraient de plus en plus utilisées, selon des familles, contre des opposants politiques ou des prisonniers d’opinion. Les communautés bahaïes, déjà marginalisées, figurent parmi les groupes les plus exposés, d’après plusieurs ONG de défense des droits humains.
“Torture blanche” et dégradation des conditions de détention
Le cas de Navid Zarrehbin, photographe arrêté à Mashhad en janvier 2026, illustre les inquiétudes croissantes. Sa famille affirme qu’il aurait subi des simulacres d’exécution, une pratique décrite sous le terme de “torture blanche”, visant à provoquer un choc psychologique intense chez les détenus.
Lors de leurs visites, ses proches disent avoir constaté une forte dégradation de son état physique, marquée par une perte de poids importante. Ce témoignage rejoint d’autres récits faisant état de violences psychologiques en détention.
Surpopulation carcérale et conditions sanitaires dégradées
Les conditions de détention constituent un autre point d’alerte majeur. Des témoignages évoquent une surpopulation extrême dans les prisons iraniennes, où les détenus seraient contraints de dormir à même le sol, dans des espaces insuffisants et mal ventilés.
Le manque d’hygiène, l’accès limité aux soins médicaux et la propagation de maladies non traitées aggraveraient la situation. Certains rapports mentionnent également des infections cutanées et des cas de négligence médicale prolongée.
Dans certains établissements, des violences entre détenus seraient tolérées ou insuffisamment encadrées, renforçant la vulnérabilité des prisonniers politiques et des détenus isolés.
Des chiffres alarmants mais difficiles à vérifier
Les organisations de défense des droits humains évoquent des centaines, voire des milliers d’exécutions enregistrées sur les derniers mois, un niveau présenté comme l’un des plus élevés depuis plusieurs décennies. Toutefois, ces données restent difficiles à confirmer en raison des restrictions d’information et des coupures d’accès à internet dans le pays.
Des acteurs comme Amnesty International alertent régulièrement sur l’augmentation des exécutions et sur l’absence de garanties judiciaires.
Une justice accusée d’instrumentalisation politique
Dans ce contexte, plusieurs voix dénoncent une instrumentalisation du système judiciaire à des fins politiques. Pour les familles de détenus, la situation se traduit par une peur quotidienne, alimentée par l’absence d’informations fiables et la crainte de voir leurs proches condamnés sans transparence ni recours effectif.
Un climat de répression accrue en Iran alimente les inquiétudes des familles de prisonniers, entre exécutions, torture psychologique et conditions carcérales dégradées, selon des ONG et témoignages recueillis.
