Au Sénégal, l’examen du projet de réforme du code électoral à l’Assemblée nationale provoque une vive tension au sommet de l’État. La coalition Diomaye Président, principal soutien politique du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, a publiquement pris ses distances avec le texte porté par des députés du Pastef, parti dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko.
La coalition présidentielle dénonce une méthode contestée
Cette prise de position, rendue publique à Dakar, révèle des divergences inattendues au sein même du camp présidentiel. Alors que la majorité semblait unie depuis l’alternance, ce dossier sensible expose désormais des lignes de fracture politiques et institutionnelles. Face à la presse, les responsables de la coalition ont dénoncé un projet élaboré sans concertation avec l’opposition et soumis selon une procédure d’urgence jugée inadaptée à un sujet aussi stratégique.
Selon eux, une réforme du code électoral ne peut se limiter à des considérations individuelles. Elle doit, au contraire, renforcer durablement les garanties démocratiques, la transparence du scrutin et l’équilibre institutionnel.
La coalition insiste sur la nécessité d’un dialogue politique élargi afin d’aboutir à un consensus national sur les règles électorales, condition essentielle à la stabilité du pays.
Ousmane Sonko au cœur des débats
Le principal point de crispation concerne la disposition de rétroactivité prévue dans le texte défendu par le Pastef. Celle-ci permettrait à la future loi de s’appliquer à des situations antérieures à son adoption.
Pour de nombreux observateurs, cette mesure viserait indirectement à sécuriser l’éligibilité d’Ousmane Sonko lors de prochaines échéances électorales. Une interprétation qui alimente les critiques de l’opposition comme celles d’une partie de la majorité.
Un risque de bataille constitutionnelle
Plusieurs juristes estiment qu’un tel mécanisme pourrait contrevenir aux principes fondamentaux de sécurité juridique et d’autorité de la chose jugée. En cas de saisine, le Conseil constitutionnel pourrait censurer tout ou partie du texte.
