Le Mali demeure plongé dans une vive instabilité sécuritaire. Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 avril, de fortes détonations ont été entendues à Bamako, principalement aux abords de la zone aéroportuaire. Ces explosions surviennent trois jours après des attaques coordonnées ayant ciblé plusieurs positions stratégiques du pays.
Kati sous surveillance, le silence autour d’Assimi Goïta
À ce stade, aucune communication officielle n’a permis d’identifier clairement l’origine de ces tirs. Les hypothèses restent nombreuses : tirs de sommation, riposte des forces armées ou nouvelle offensive armée. Cette absence d’informations alimente l’inquiétude au sein de la population de la capitale malienne.À Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako, le calme semblait revenu mardi matin. Toutefois, plusieurs témoins affirment avoir observé l’entrée d’un convoi composé de véhicules administratifs, signe de mouvements inhabituels au sommet de l’appareil militaire.
Le chef de la transition, le général Assimi Goïta, n’a pas été vu publiquement depuis le début de cette séquence sécuritaire. Son entourage assure néanmoins qu’il se trouve toujours à Bamako. Ce silence renforce les interrogations sur la situation réelle du pouvoir.
Une junte fragilisée par les pertes
La transition militaire traverse l’une des périodes les plus sensibles depuis son installation. Le général Sadio Camara, considéré comme le numéro deux du régime et annoncé mort lors des précédentes attaques, devrait être inhumé dans les prochains jours.
Par ailleurs, le général Modibo Koné, directeur de l’Agence malienne de sécurité d’État, aurait vu son état de santé se dégrader après avoir été grièvement blessé. Ces développements fragilisent davantage la chaîne de commandement militaire.
Kidal, symbole d’un rapport de force incertain
Dans le nord du pays, la ville de Kidal demeure sous le contrôle du Jnim et du Front de libération de l’Azawad. La perte durable de cette zone stratégique souligne les difficultés persistantes des autorités maliennes à rétablir leur autorité sur l’ensemble du territoire.
Samuel Richard KAKPO
