Ismaïl Omar Guelleh se présente ce vendredi devant les électeurs djiboutiens dans le cadre d’un scrutin présidentiel largement perçu comme sans suspense. Âgé de 78 ans, le chef de l’État brigue un sixième mandat, fort d’un cadre institutionnel récemment assoupli par une réforme constitutionnelle ayant supprimé la limite d’âge pour les candidatures à la magistrature suprême. Face à lui, un unique adversaire, Mohamed Farah Samatar, incarne une opposition jugée symbolique par plusieurs analystes, dans un contexte politique marqué par la domination durable du pouvoir en place.
Dans le pays, les critiques récurrentes d’une vie politique verrouillée se mêlent aux appels au boycott lancés par plusieurs formations d’opposition non représentées au Parlement. L’exclusion de figures historiques de la contestation et les restrictions pesant sur l’activité partisane nourrissent les accusations de « scrutin de façade ». Pour ses partisans, en revanche, le président sortant met en avant la stabilité institutionnelle et la continuité, dans une région traversée par de fortes tensions géopolitiques
Au-delà du volet politique, Djibouti demeure un État stratégique dont l’économie repose essentiellement sur ses infrastructures portuaires, au premier rang desquelles le port de Doraleh. Carrefour maritime majeur entre l’Afrique de l’Est et le Moyen-Orient, le pays tire une grande partie de ses revenus du transit éthiopien, tout en entretenant des relations économiques étroites avec la Chine, principal créancier extérieur. Cette dépendance structurelle, couplée à un endettement élevé, alimente les débats sur la souveraineté économique et les perspectives de diversification du modèle de développement.
Samuel Richard KAKPO
