Un nouveau rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), rendu public récemment, tire la sonnette d’alarme sur l’état de la santé reproductive à Madagascar. Selon les informations, la situation requiert une réponse urgente des pouvoirs publics et des acteurs du système de santé.
Des chiffres préoccupants
Les données exposent une réalité sévère pour les femmes et les jeunes filles malgaches. La mortalité maternelle reste élevée malgré deux décennies d’efforts. Les grossesses chez les adolescentes atteignent un taux préoccupant de 143 pour 1 000 filles âgées de 15 à 19 ans, bien au‑dessus des moyennes régionales et mondiales. L’accès aux services essentiels demeure insuffisant. L’utilisation des moyens modernes de contraception reste en deçà des objectifs visés pour 2030.
Des lacunes persistantes dans les soins
L’enquête révèle des défaillances structurelles dans l’offre de soins. On observe des ruptures fréquentes de stocks de contraceptifs, un manque de personnel qualifié et des équipements inadéquats dans de nombreux centres de santé. Certains districts fonctionnent avec un seul lit pour les accouchements, compromettant la qualité des soins. Des obstacles socioculturels pèsent aussi sur l’accès à la contraception, notamment le refus du partenaire.
Recommandations pour l’avenir
Face à ces défis, le rapport propose des pistes d’action précises. Il préconise la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement en produits contraceptifs et le renforcement de l’éducation sexuelle dans les écoles. Il suggère aussi d’engager un débat sur l’évolution du cadre légal concernant l’avortement thérapeutique, une option soutenue par une partie du personnel de santé. Ces mesures visent à améliorer la santé reproductive des femmes, réduire les grossesses non désirées et renforcer la sécurité des soins.
Samuel Richard KAKPO
