Au Bénin, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a rendu son verdict dans un dossier sensible lié à la tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025. Un journaliste poursuivi dans cette affaire a écopé de cinq ans de prison ferme, une décision qui relance le débat sur la responsabilité des acteurs des médias en période de crise politique.
La CRIET prononce une lourde condamnation
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a condamné, le 24 mars 2026, un journaliste impliqué dans le dossier du putsch manqué contre le président Patrice Talon. Les juges ont infligé cinq ans de prison ferme ainsi qu’une amende de dix millions de francs CFA. La juridiction a retenu sa responsabilité dans des faits liés à une tentative de déstabilisation des institutions.
Les faits remontent au mois de décembre 2025. Les autorités avaient annoncé avoir déjoué un projet de coup d’État. L’enquête judiciaire a visé plusieurs personnes, dont des civils, des agents de sécurité et des professionnels des médias soupçonnés d’avoir relayé des messages considérés comme favorables aux auteurs de la tentative.
Des publications au cœur des accusations
Au cours des audiences, le ministère public a reproché au journaliste la diffusion de messages sur les réseaux sociaux annonçant la prise du pouvoir par des mutins. Les magistrats ont estimé que ces publications constituaient une apologie de crime contre la sûreté de l’État. La Cour a jugé que ces contenus pouvaient encourager la rébellion et troubler l’ordre public.
Le prévenu a rejeté les accusations. Il a expliqué avoir agi sous la pression après avoir reçu des menaces avant les événements. Selon sa défense, ses messages visaient à informer et non à soutenir une action illégale. Les juges n’ont pas retenu ces arguments et ont confirmé la culpabilité.
Une décision qui relance le débat sur la liberté de la presse
Le verdict intervient dans un climat marqué par une vigilance accrue autour des questions de sécurité nationale. L’affaire du putsch manqué a conduit les autorités à surveiller de près les contenus diffusés pendant la crise, notamment sur les plateformes numériques.
La condamnation du journaliste suscite déjà des réactions dans les milieux professionnels et juridiques. Certains observateurs saluent la fermeté de la justice face aux atteintes à l’ordre constitutionnel. D’autres appellent à préserver l’équilibre entre la protection de l’État et la liberté d’expression.
Samuel Richard KAKPO
