La campagne pour les élections municipales en France connaît une nouvelle zone de turbulence à Marseille. Le parquet de la ville a ouvert une enquête pour diffamation après le dépôt d’une plainte par Sébastien Delogu , candidat soutenu par La France insoumise à la mairie. L’élu affirme avoir été la cible d’une série d’accusations graves diffusées à travers une campagne organisée sur internet et dans l’espace public . Selon son équipe, l’offensive a débuté par la publication d’un blog attribué à une prétendue ancienne collaboratrice parlementaire.
Des indices d’une manipulation numérique organisée
Cette initiative a ensuite pris de l’ampleur avec l’apparition d’affiches, la multiplication de faux comptes sur les réseaux sociaux et l’intervention d’individus se présentant comme journalistes afin de susciter des réactions. Le directeur de campagne du candidat, Hedi Bounouar, dénonce une opération coordonnée destinée à nuire à la réputation du candidat dans les derniers jours de la campagne.
Face à ces accusations, l’équipe de campagne a rapidement saisi la justice et transmis plusieurs éléments d’enquête à des journalistes d’investigation. Les analyses menées ont mis en évidence des signes d’une manipulation numérique orchestrée depuis l’étranger. Le service français chargé de la vigilance contre les ingérences numériques, Viginum, confirme l’existence d’un dispositif particulièrement structuré.
Selon les premiers constats, les auteurs de l’opération ont cherché à contacter des journalistes afin d’amplifier la diffusion des accusations. Certains contenus médiatiques auraient même été préparés pour publication au moment opportun, dans l’objectif de donner davantage de crédibilité à la campagne de désinformation.
L’origine de l’opération reste encore incertaine
À ce stade de l’enquête, les autorités ne disposent d’aucune certitude sur l’origine précise de cette offensive numérique. Toutefois, certains proches du candidat évoquent la possible implication de réseaux d’influence liés au débat international sur le Proche-Orient. Cette hypothèse s’appuie notamment sur l’analyse des comptes utilisés pour relayer les informations, dont plusieurs seraient localisés en Asie.
Les investigations montrent également que ces comptes auraient participé à d’autres opérations d’influence, notamment en Afrique, et auraient diffusé des messages favorables à certains groupes de lobbying actifs en Europe. L’enquête judiciaire devra désormais déterminer l’ampleur réelle de cette campagne et identifier les acteurs qui se cachent derrière ce dispositif d’influence numérique.
Samuel Richard KAKPO
