La situation sécuritaire au Mali connaît une nouvelle escalade. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) a revendiqué une embuscade meurtrière contre un convoi de l’armée malienne et de combattants russes de l’Africa Corps, le 9 mars, près de la localité de Nampala, dans la région de Ségou.
L’attaque s’est produite à proximité du village de Louguel, situé au sud-ouest de Nampala, non loin de la frontière avec la Mauritanie. Selon plusieurs sources locales et sécuritaires, l’assaut a causé la mort d’une dizaine de soldats, dont des militaires maliens et plusieurs combattants russes engagés aux côtés de l’armée nationale.Une source sécuritaire malienne évoque précisément onze morts dans les rangs des forces visées. Parmi les victimes figureraient au moins trois combattants russes, bien que certaines sources avancent un bilan plus élevé.
Le Jnim revendique l’attaque
Dans un message de revendication, le Jnim affirme avoir tendu une embuscade contre un convoi militaire opérant dans cette zone stratégique du centre du Mali. Le groupe jihadiste ne fournit toutefois aucun bilan officiel concernant les pertes infligées aux forces maliennes et à leurs partenaires.
L’attaque illustre la persistance de la menace jihadiste dans cette partie du pays, où les groupes armés multiplient les opérations contre les forces gouvernementales et leurs alliés.
De son côté, l’armée malienne n’a publié aucun communiqué à propos de cet incident. Les autorités militaires, sollicitées par plusieurs médias, n’ont pour l’instant apporté aucune confirmation ni commentaire sur les circonstances de l’attaque.
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Un contexte de fortes tensions dans la zone
Cet épisode survient quelques jours seulement après un événement qui a profondément marqué la région. Le vendredi précédent, sept personnes ont été exécutées à Ahl El Kory, toujours dans le cercle de Nampala. Des sources locales attribuent ces exécutions à des éléments de l’armée malienne appuyés par des combattants russes de l’Africa Corps.
Les témoignages recueillis sur place présentent les victimes comme des civils. Toutefois, certaines interrogations persistent quant à leur éventuelle appartenance au Jnim, ce qui alimente les spéculations autour d’une possible attaque de représailles.
Une guerre asymétrique qui s’intensifie
Depuis plusieurs années, la région de Ségou et les zones frontalières avec la Mauritanie et le Burkina Faso connaissent une dégradation continue de la sécurité. Les groupes jihadistes exploitent la porosité des frontières et la fragilité de certaines localités pour mener des attaques ciblées contre les positions militaires.
L’embuscade de Louguel confirme ainsi la capacité du Jnim à frapper des convois militaires dans des zones où les forces maliennes et leurs partenaires russes mènent pourtant des opérations régulières.
Cette nouvelle attaque rappelle surtout l’ampleur du défi sécuritaire auquel le Mali reste confronté, alors que les autorités de transition cherchent à reprendre le contrôle des territoires disputés face aux groupes armés jihadistes.
Samuel Richard KAKPO
